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Kirsten G Jensen est née en 1970 au Danemark. A la fin de ses études, en 1999, elle s’installe en France dans le golfe de Saint Tropez.

Lorsque Kirsten G Jensen affirme que son thème est l’absence de thème, prenons-la au sérieux. Pour apprécier ses photographies, il faut partir du plus simple : ce qu’elles montrent. La mer, un bateau, des arbres en fleur et des arbres sous la neige, un chat, une télévision, un manège, plus rarement quelqu’un… Tout ce qui se présente et mérite plus que d’être vu et glisser sur l’instant dans la mémoire ou dans l’oubli.

Les séries qu’elle expose à Paris, Copenhague, Glasgow, Marseille et Arles sont en elles mêmes éclatées et tirent leur cohérence non d’un motif ou d’une technique voués à l’usure, mais d’un ton : une manière floue, incertaine et ambigüe-originale en un mot -de saisir les choses. Ses clichés sont des moments qui ne sont pas les nôtres, d’où peut-être le léger malaise qu’ils provoquent. Leur évidence et leur sobriété -héritage de Giorgio Morandi qu’elle admire- déjouent nos tentatives d’en dire quelque chose et nous font plutôt ressentir l’étrange nécessité qu’éprouve Kirsten G Jensen, de retenir et de fixer.

C’est sans doute de cette nécessité qu’elle nous parle lorsqu’elle évoque l’étonnement et la curiosité suscités par le contact avec des cultures différentes, depuis son enfance passée entre Asie et Amérique du Sud. Etonnement qui n’appelle jamais une réponse compliquée mais oppose à l’incompréhensible l’évidence du moment et de la présence.

Ses études à la Glasgow Art School, achevées en 1999, lui ont permis de donner à cet étonnement premier une forme changeante et de renouveler sa technique -du Leica au Polaroid en passant par le Sténopé- tout en conservant l’unité de ton qui confère à ses photographies ce pouvoir de fasciner ; fascination qui est celle que tout spectateur doit éprouver face à des photographies qui ne veulent rien dire, qui se refusent d’évoquer et qui désarment ainsi l’épuisant parti pris des choses, en étant ni plus ni moins que ce qu’elles sont : la reproduction de l’unique.