A6 A10, Série Coulisses d’Autoroutes A6 A10, Série Coulisses d’Autoroutes A6 A10, Série Coulisses d’Autoroute A6 A10, Série Coulisses d’Autoroutes A6 A10, Série Coulisses d’Autoroutes A6 A10, Série Coulisses d’Autoroutes A6 A10, Série Coulisses d’Autoroutes A6 A10, Série Coulisses d’Autoroutes 
À TRAVERS LE PAYSAGE crée pour des jeunes photographes qu’elle choisit des occasions de construire un travail structuré sur le paysage, et d’avoir ainsi plus de chances de se faire connaître.
Parmi les artistes les plus prometteurs à qui elle ait mis le pied à l’étrier, Emilie Vialet a été choisie pour effectuer une première mission sur les sites du Conservatoire du littoral en Bretagne.
Emilie Vialet est née en 1980. Les images montrées ici font partie de celles réalisées à la fin de sa scolarité à l’école Louis Lumière.



Coulisses d’autoroutes
Par Emilie Vialet

Le non-lieu est une des formes du paysage non-viable et non traversable qui compose pourtant notre univers le plus proche.
C’est aussi un espace compté à partir de nous ou de notre absence. A l’évidence, l’espace le plus représentatif de cette ambiguïté se concentre autour des réseaux de communications.

Dans une première série, nous parcourons les coulisses d’autoroutes : A10 entre Villejust et Massy-Palaiseau puis N188 entre Villebon sur Yvette et Massy-Palaiseau (Essonne). Pour réaliser ce travail, je me suis orientée vers un paysage familier à travers lequel mon regard s’était au fil du temps habitué à une certaine manière de percevoir.
Ainsi, j’ai choisi de parcourir à pied les coulisses de mes trajets automobiles quotidiens.
Ce travail révèle les cicatrices trouvées durant leur parcours : gouttières de béton, végétation identique, mais n’intègre jamais la figure de l’autoroute.

Dans une seconde série, j’ai voulu comprendre comment évolue le paysagisme autoroutier en fonction de la vitesse de parcours et de la perception des usagers de la route. Plus l’espace en bordure de route peut être perçu lentement, plus le paysagisme est soigné, la nature lissée, et les stéréotypes exagérés. Sous la forme d’un triptyque, j’ai photographié un rond-point depuis son centre. La vulgarité de sa fonctionnalité est transformée par le statut de l’image photographique grand format et des différents points de vue qui lui sont attribués.

Le paradoxe du non-lieu photographié réside ici : dans la transposition d’un monde qui ne peut pas être vu au statut de paysage auquel on attribue l’idée de contemplation. Si la nature est utilisée bien souvent à d’autre fin qu’à celle de l’apprécier, ces images nous font oublier qu’il s’agit de paysage créé, calculé et récent. Elles comblent des vides et répondent à des stéréotypes visuels rassurants. Leur inaccessibilité leur confère l’aura d’un territoire vierge, mais leur banalité nous conforte dans notre habituelle ignorance.